jeudi 1 décembre 2011

Un "Déjeuner du 15 août" envahi par des mamies

CRITIQUE - Gianni Di Gregorio, acteur et réalisateur, tourne brillamment en dérision le système familial italien - sur fond de difficultés économiques.


Le Déjeuner du 15 août de Gianni Di Gregorio Un quinquagénaire  s’occupant des vieilles du coin : dans une Italie aux cheveux gris, Gianni Di Gregorio s’attaque à une histoire qui touche de près ses compatriotes, avec Le Déjeuner du 15 août.  

Son personnage romain vit chez sa mère, dont il prend soin affectueusement. Est-ce la cause de son célibat ? On n’en sait pas plus, puisque le problème principal réside ailleurs : leurs finances se portent mal.

Il ne peut donc pas refuser lorsqu’un "ami" du syndic lui propose de payer les réparations de l'appartement en échange de la garde de sa mère, Marina, pour quelques jours. Mais Marina vient avec la tante Maria. Et le médecin de famille demande à Gianni de bien vouloir s’occuper de sa mamma puisqu’il est d’astreinte à l’hôpital... Un homme et quatre vieilles dames. Le tout un week-end du 15 août, jour de fête.

La comédie se cale sur le rythme lent des grands-mères et d’une Rome caniculaire inanimée... mais l’intérêt réside dans ce personnage étrangement ambigu qu’est Gianni.  S’attache-t-il à ces femmes ou reste-il focalisé sur l’argent qu’il reçoit ? Le Déjeuner  du 15 août ne tombe pas dans l’écueil des bons sentiments.

L’excellent réalisateur-acteur principal, qui s’est inspiré de son expérience, donne à son protagoniste son propre prénom et toute sa complexité. Quant aux mamies – qui ne sont pas des actrices professionnelles –, elles se prennent au jeu et se laissent aller devant la caméra. Entre fiction et authenticité, le film atteint sa cible décalée.




Le Déjeuner du 15 août (Pranzo di Ferragosto) de Gianni Di Gregorio, sortie française mercredi 11 mars 2009. Avec  Gianni Di Gregorio, Valeria De Franciscis, Marina Cacciotti...

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