mardi 13 mars 2012

"Terraferma", la possibilité d’une île

SORTIE FRANÇAISE - Sous le soleil, Emanuele Crialese associe vacanciers, autochtones en crise et clandestins.


Terraferma d'Emanuele Crialese
Du bateau de vacanciers à la la barque pleine d’émigrés,
le contraste créé par Emanuele Crialese est saisissant.
Sale temps pour les pêcheurs. Dure époque pour les émigrés. Les habitants de Lampedusa, petite île au large de la Sicile, et les Africains échoués sur les côtes possèdent ce point commun : ils sont en transition.

Outre ces êtres égarés en quête d’une nouvelle stabilité, figurent dans le tableau ceux qui ont tout compris et se sont lancés dans le tourisme. L’oncle de Filippo entraîne les vacanciers sur son bateau dans une chorégraphie digne des Bronzés.

La luminosité et les couleurs profondes – marques de fabrique d'Emanuele Crialese (Respiro) – n’atténuent pas l’indécence de la scène. 

Devant Terraferma, qui représentait l’Italie dans la course aux Oscars, on se sent étrangement impuissant. Le film nous met face à l'absurdité du monde et crée un sentiment de culpabilité. Car si personne ne peut directement être accusé, c’est probablement que nous le sommes tous. Les plans sont frontaux : nous ne pouvons fuir.

De Welcome au Havre, le thème du sauvetage de clandestins fait légion ces dernières années. Ce film-là se démarque par la force de ses images contradictoires, sans complaisance, d’une beauté morbide. L’impossible liberté dans un paysage paradisiaque.


Pour en savoir plus
Terraferma d'Emanuele Crialese, sortie en France mercredi 14 mars 2012. Avec Filippo Pucillo, Donatella Finocchiaro, Mimmo Cuticchio...

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