mercredi 25 septembre 2013

"Miele" : tout au bout du tunnel

SORTIE FRANÇAISE – Première réalisation de l’actrice Valeria Golino, le film est porté par un indéniable talent visuel – insuffisant sur la longueur.


Jasmine Trinca est Miele dans le film de Valeria Golino
Elle s’appelle Irene. Nom de code : Miele. Les cheveux courts, le corps sec, elle transporte clandestinement dans son sac à dos du Lamputal. Un barbiturique vétérinaire, que la jeune femme utilise pour l’euthanasie des êtres humains. À ce job difficile, elle donne un sens : soulager les souffrances physiques.


Vient la douleur morale. Un homme en parfaite santé, l’ingénieur Grimaldi, fait appel à ses services. Jusque ici, Miele n’avait rencontré que des malades souhaitant vivre – mais à bout de force… Elle perd pied.

La pétillante Valeria Golino n’a pas choisi l’humour pour son premier film en tant que réalisatrice. Veut-elle qu’on la prenne au sérieux ? Elle n’a pas à rougir de son passage derrière la caméra. Sa fascination pour son actrice Jasmine Trinca crève l’écran, à coups de gros plans décortiquant chacune de ses expressions – l’interprète excelle, on en redemande. Elle use et abuse des reflets. Il y a une finesse de comédienne, dans la mise en scène de Valeria Golino.

Là s’arrête le film. Passée la découverte du business souterrain de l’euthanasie, le scénario tourne en rond. Tels Miele, on se lasse des mises à mort. A l’inverse de Miele, on se lasse des rencontres somme toute banales avec Grimaldi. Sans réflexion sur la fin de vie, ni rythme narratif, Valeria Golino nous laisse en manque d'émotions.




Pour en savoir plus
Miele de Valeria Golino, sortie française mercredi 25 septembre 2013. Avec Jasmine Trinca, Carlo Cecchi, Libero De Rienzo… Sélectionné à Cannes 2013 dans la section Un certain regard.

À lire également : Riccardo Scamarcio et Valeria Golino : "Miele", une histoire d’euthanasie
Jasmine Trinca, l'Italienne à l’assaut du cinéma étranger
Une Grande Beauté sur le tapis rouge de Cannes

5 commentaires:

  1. Je n’ai pas détesté ce film, mais je ne l’ai pas aimé non plus. Peut-être, comme tu dis, qu’il nous laisse en manque d'émotions, positives ou négatives…peu importe.
    Nous ne savons pas grandes choses de la vie personnelle d’Irene, et nous pouvons seulement imaginer ou soupçonner les raisons pour lesquelles elle décide d’embrasser cette "vocation": la morte de sa mère ? Ses études (abandonnés) en médecin ? Le besoin de se rendre utile ?...
    Très bons les deux acteurs principaux dans leurs rôles, dommage pour le scenario un peu pauvre, à mon avis. J'ai ensuite trouvé que les personnages mineurs (l’amant d’Irene, par exemple) sont un peu flous, fugaces, et nous ne comprenons pas très bien le rapport qu’ils ont avec Irene.
    Je suis restée étonnée par la performance de l’actrice, Jasmine Trinca: elle joue avec détermination, sûre d’elle, elle n’est pas timide du tout devant la caméra. Alors, comment ça se fait qu’à l’avant-première, à l’Institut Lumière de Lyon, elle se cache derrière Valeria Golino, ayant presque peur du public?!?
    Cla B.

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    1. Le fait qu'on ne sache pas grand chose d'Irene contribue probablement au manque d'attachement (d'émotions ?) qu'on éprouve à son égard. Dommage, le tandem Golino-Trinca aurait pu produire quelque chose de plus fou !

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  2. Est ce que vous connaissez la playlist du film?

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    1. Non, désolée... Hormis "Les sabots d'Hélène" de Brassens et "Stranger" de Christian Rainer !

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    2. - "Io sono il vento" par Marino Marini
      - "Found out" par Caribou
      - "(Nothing but) flowers" par Talking Heads
      - "Les sabots d'Hélène" par Brassens
      - "Stranger" par Christian Rainer
      - "Tonadillas" par Granados
      - “Skip divided” par Thom Yorke
      - "Rooks" par Shearwater
      Bach aussi...mais je ne sais pas quel morceau...

      Cla B

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