mardi 3 septembre 2013

"Pain, amour et fantaisie", le mal-aimé de Luigi Comencini

DVD – En 1953, la comédie révéla le cinéaste au grand public. Mais il n’en tira aucune fierté.


Gina Lollobrigida dans "Pain, amour et fantaisie" ("Pane, amore e fantasia")
Voluptueuse Gina Lollobrigida ; vacillant Vittorio de Sica. Dans ce petit village d’après-guerre, où la monotonie amplifie les travers humains, on s’observe, se juge, se séduit.

En guise de déjeuner, entre deux tranches de pain, on se contente de fantaisie.

La fantassine ("bersagliera" en VO), sans manières mais la plus belle du pays, aime le carabinier. Lui souffre de sa timidité et peine à se déclarer. Quant au maréchal des logis tout juste débarqué, il compte bien remédier à son statut de vieux garçon. L’affaire s’annonce hasardeuse.

Vaudeville drôle et mignon, l’ensemble est épicé par la touche triviale de la Lollobrigida en guenilles. Tirant son âne avec la distinction d’une matonne – non sans sensualité.

Soixante ans après sa sortie en salle, Pain, amour et fantaisie joue les prolongations sur DVD. En bonus, on apprend que Luigi Comencini donnaient raison à ses détracteurs, qui le taxaient de néoréalisme rose. "J’avais fait un film de la pire espèce."

L’artiste a même tenté d’abandonner en cours d’œuvre… Ce qui ne l’empêcha pas, devant le succès populaire, de tourner un an après Pain, amour et jalousie. Business is business.




Pour en savoir plus
Pain, amour et fantaisie (Pane, amore e fantasia) de Luigi Comencini. Sortie en salles en 1953, sortie DVD mercredi 4 septembre 2013. Avec Vittorio de Sica, Gina Lollobrigida, Marisa Merlini, Virgilio Riento

Bonus : L'incroyable histoire de Pain, amour et fantaisie (16 minutes)
Bande-annonce
  

3 commentaires:

  1. Je tombe de haut, après la re-vision du premier opus de la série !

    J'en avais le souvenir très ancien d'un film enlevé et drôle, réunissant des acteurs séduisants, sur un scénario léger et spirituel. Si les acteurs sont à la mesure des choses (je nourris une passion instinctive et primale pour Gina Lollobrigida et Vittorio De Sica m'a toujours paru l'homme le plus séduisant du monde), le reste n'est tout de même pas à la mesure de la réputation d'un film aussi célèbre. Et la suite ne va rien arranger... "Pain, amour et jalousie" est de la même farine et "Pain, amour, ainsi soit-il" (qui est de Risi), avec Loren à la place de Lollobrigida est en couleurs, mais ne séduit pas davantage...

    Ah, Clémentine, il est un peu abusif de présenter Carrotenuto en "Maréchal" : il n'est que "maréchal des logis", c'est-à-dire, en analogie, patron d'une petite brigade de gendarmerie...

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  2. Moi, j'adore cette très divertissante farce champêtre sans prétention (que voulez-vous, tous les films ne peuvent pas être "pour cinéphiles") même si, comme l'explique Comencini en entrevue, le casting d'origine devait être Gino Cervi et non Vittorio De Sica, ce qui changea bien des choses, car c'était à l'origine une comédie de mœurs "Nord/Sud".

    Marc Provencher

    À noter que ce "serial" n'est pas une trilogie, mais bien une tétralogie : et je suis bien marri que mon super-coffret commandé en France à grands frais (vu que je suis au Québec, dans la Zone 1) ne contienne que les trois premiers épisodes, mais pas 'PAIN, AMOUR, ANDALOUSIE' où l'amusant De Sica rempile avec Peppino De Filippo et Lea Padovani face à Carmen Sevilla...

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