mardi 6 mai 2014

"Ali a les yeux bleus", des origines égyptiennes mais une vie (presque) italienne

SORTIE FRANÇAISE / CRITIQUE – Claudio Giovannesi témoigne des difficultés d’immigration, pour un adolescent de la deuxième génération.


Nader Sarhan dans Ali a les yeux bleus (Ali ha gli occhi azzurri)
"Voilà : tu arrêteras de lutter pour un salaire et tu armeras les mains des Calabrais. Ali aux yeux bleus, l’un des nombreux fils des fils, descendra d’Alger, sur des bateaux à voile et à rames. Ils seront des milliers avec lui." Pier Paolo Pasolini, en 1965 dans le poème Prophétie, voit déjà l’Italie comme une terre d’immigration africaine et de révolution ouvrière.


Claudio Giovannesi s’inspire de ces vers, pour filmer Nader, né à Rome mais dans une famille égyptienne. Avec l’insouciance de ses 16 ans et des lentilles de contact colorées, il fait les 400 coups. Mais en une semaine, tout bascule. Après avoir poignardé un adolescent en discothèque, il est recherché par des Roumains. Et, lorsqu’il annonce qu’il a une copine, ses parents musulmans le chassent de la maison.

Membre de la deuxième génération, Nader peine à trouver sa place et se sent tiraillé entre deux cultures. D’un côté celle de sa famille, de l’autre celle de son meilleur ami, Stefano.

Les acteurs jouent leurs propres rôles. Le réalisateur, venu du documentaire (Fratelli d’Italia), a souhaité s’approcher au plus près de leurs vies. Cet Ali a les yeux bleus a le mérite de justesse. Un témoignage des difficultés d’intégration qui ne tombe jamais dans les lieux communs.

Sans grande tension ou surprise, Claudio Giovannesi remplit le contrat. Il en a été remercié par le prix du jury et celui du meilleur premier ou second film, à Rome. Mais une dizaine de salles françaises seulement l’incluent dans leur programmation cette semaine.




Pour en savoir plus
Ali a les yeux bleus (Alì ha gli occhi azzurri) de Claudio Giovannesi, sortie française mercredi 30 avril 2014. Avec Nader Sarhan, Stefano Rabatti, Brigitte Apruzzesi

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