mardi 5 août 2014

“Sacco et Vanzetti”, deux symboles de retour au tribunal

SORTIE FRANÇAISE – En version restaurée, le classique de Giuliano Montaldo retrouve les salles de cinéma cet été.


"Sacco et Vanzetti" de Giuliano Montaldo
© 1971 Unidis. © 2004 Unidis Jolly Film Srl. Tous droits réservés.
"Here’s to you, Nicola and Bart"… Il y a plus de quarante ans, en 1971, Joan Baez chantait en mémoire de Sacco et Vanzetti, sur une musique d’Ennio Morricone. Mais il n’y a pas que la BO du film qui a marqué les esprits.

Sur le banc des accusés, on trouve deux acteurs qui rivalisent de charisme.
Riccardo Cucciolla, dans la peau du cordonnier Nicola Sacco, s’en tire avec le prix d’interprétation à Cannes, pour sa bouille renfrognée. Gian Maria Volonté, portant les moustaches de Bartolomeo Vanzetti, poissonnier de son état, insuffle du mouvement aux plans fixes du tribunal, avec un jeu parfois très théâtral.

Leurs personnages sont soupçonnés d’avoir diligenté un braquage qui a mal tourné et tué deux hommes, dans le Massachusetts des années 1920. Mais lors du procès, leurs convictions politiques anarchistes, associées à leurs origines italiennes, émaillent les débats. Malgré les aveux d’un Portugais de 23 ans et un soutien international, ils seront exécutés sept ans plus tard et deviendront les symboles d'une justice biaisée.

Le réalisateur, Giuliano Montaldo, a choisi de mêler la couleur avec le noir et blanc, à la façon des images d’archives. On en trouve d’ailleurs des réelles, lors des scènes de manifestation. L’ensemble est léché, soigné. Outre la portée historique de l’affaire qu’il retrace, Sacco et Vanzetti fonctionne par foule d’oppositions. Entre la solennité intérieure du tribunal et l’agitation extérieure. Entre les deux anarchistes, l’un résigné et l’autre plein d’espoir.

Parfois trop bavard, ou trop classique, le film se démarque toutefois par son élégance et séduit par l’attention portée aux détails. Cette dernière crée une remarquable tension, dans une société en proie à la désinformation, qui diabolise l’étranger et s’effraie. La sensation traverse les époques ; la restauration de la pellicule lui redonne toute son intensité.

"Nous devrions les remercier. Sans eux, nous serions morts comme deux pauvres exploités", ironise Bartolomeo Vanzetti devant ses juges, avant la confirmation de l’ultime sentence. Le cinéaste Giuliano Montaldo a, lui aussi, fait entrer les deux anarchistes dans l’histoire.




Pour en savoir plus
Sacco et Vanzetti (Sacco e Vanzetti) de Giuliano Montaldo, en version restaurée, sortie française mercredi 6 août 2014. Avec Gian Maria Volonté, Riccardo Cucciola, Cyril Cusack...

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