mardi 16 juin 2015

"L’Éveil d’Edoardo" : premières fois, premières douleurs

SORTIE FRANÇAISE – Atteint d’un phimosis, Edoardo découvre avec difficulté la sexualité. Ce film d’apprentissage frôle le déjà-vu, sans vraiment y tomber.


"L'Eveil d'Edoardo" de Duccio ChiariniLe corps maigre et gauche, parce qu’il a grandi trop vite. La voix cassée, pas encore celle d’un homme. La posture repliée, comme pour se protéger. Edoardo a 17 ans.

Il en pince pour la jolie Bianca, qu’il retrouve tous les étés sur la côte adriatique. Cette année, poussé par son compère, il espère bien perdre son pucelage. 
Le classique scénario de film de vacances et de découvertes charnelles. Encore un.

Mais l’originalité réside en ce phimosis, qui rend l’expérience bien plus difficile pour Edoardo.
L’affection empêche le prépuce de se rétracter derrière le gland. Une résistance physique tout autant que psychologique, comme le soulignera son médecin. Pas à pas, il chemine pour dépasser ses peurs et ses maux.

L’Éveil d’Edoardo (Short Skin en VO) est le premier long métrage de fiction d'un jeune réalisateur. Merci à Duccio Chiarini de sensibiliser l’apprentissage sexuel masculin. Il met de la profondeur dans ses personnages, souvent réduits dans les comédies au statut d’ado-obsédé-stupide. Merci à Duccio Chiarini d’allier réalisme des corps à un certain esthétisme. Sans cacher maigreur ou peau d’orange, des séquences livrent brut l’embarras, avec lumière estivale, cadre soigné et justesse dans le jeu.

Encore un film de vacances adolescentes. Mais celui-ci a quelques grains de sable en plus, qui rendent le séjour légèrement plus attrayant.




L’Éveil d’Edoardo (Short Skin) de Duccio Chiarini, sortie française mercredi 17 juin 2015. Avec Matteo Creatini, Franscesca Agostini, Nicola Nocchi…  Grand prix 2015 au Festival du film de Cabourg.

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