mardi 6 octobre 2015

"Sangue del mio sangue" : divagations bellocchiennes

SORTIE FRANÇAISE – Après La Belle endormie, Marco Bellocchio s’enferme dans un film sans queue ni tête, d’où n’émerge aucune puissance.


Le réalisateur nous lance un défi : qui comprendra les ressorts de cette histoire tortueuse et ésotérique ? Sangue del mio sangue, une énigme signée Marco Bellocchio.

Au XVIIe siècle, dans un couvent-prison de Bobbio (ville natale du cinéaste, en Émilie-Romagne), on juge la pieuse sœur Benedetta. Elle aurait conclu un pacte avec Satan et séduit un moine, avant de le conduire au suicide.



Puis, un montage alterné nous plonge dans notre époque actuelle, au sein du même bâtiment. À l’abandon, il n’est plus habité que par un mystérieux comte, se faisant passer pour mort et ne sortant que la nuit.

Au milieu de tout ça, le frère du défunt moine couche avec ses hôtes, deux sœurs célibataires. La femme du comte danse avec un fou, interprété par Filippo Timi (qui, décidément, épuise par son sempiternel jeu trop théâtral et son même regard dingue, quel que soit le rôle). Vous avez suivi ?

Certes, peut-être trouverons-nous dans Sangue del mio sangue une réflexion sur le poids du passé, une critique du catholicisme ou l’envie de caser quelques plans fantastiques bien sentis... Un brin fourre-tout, cher réalisateur.

Marco Bellocchio s’égare dans un cinéma visuellement baroque, avec quelques touches d’éclat, mais totalement hermétique.




Sangue del mio sangue de Marco Bellocchio, sortie française mercredi 7 octobre 2015. Avec Roberto Herlitzka, Piergiorgio Bellocchio, Lidiya Liberman, Alba Rohrwacher, etc.

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