vendredi 17 juin 2016

"Folles de joie" : Paolo Virzì sur la route de la liberté

SORTIE FRANÇAISE - Deux femmes s'échappent d'une institution psychiatrique. Tout au long de l'aventure, leurs excentricités touchent autant que leurs blessures... Le réalisateur de Tutta la vita davanti ou Les Opportunistes signe un nouveau succès. 


Valeria Bruni-Tedeschi et Micaela Ramazzotti dans "Folles de joie"
Photo Paolo Cirielli
Folles, mais superbes. Paolo Virzì sait diriger les actrices. Il exhorte Valeria Bruni-Tedeschi à donner le meilleur d'elle-même, tout en sortant sa femme Micaela Ramazzotti des rôles de bimbos auxquels on la cantonne souvent. Résultat : le duo brille par ses contrastes, sa complicité, sa justesse. L'hystérie - trop facile lorsqu'on parle de psychiatrie - ​est évitée.

On entre dans le monde intime de ces deux femmes, dont les idéaux se heurtent à la réalité.
La première, une bourgeoise mariée à un avocat, garde l'élégance et le distinction d'autrefois, tout en ressassant ses belles années et ses rencontres éclatantes, réelles ou imaginaires. Elle erre dans la Villa Biondi, l’institution qui l'accueille, sans vraiment s'intégrer dans le tableau des malades. Arrive alors une jeune femme tatouée et blessée, dépressive et introvertie. Voilà la paire complète.

Portées par le hasard, elles s'échappent. La vie, la liberté, la joie... mais qu'en faire ? Dans cette fuite en avant-en arrière, le passé les rattrape et chacune découvre les blessures de l'autre. À les voir dans leur voiture, la référence à Thelma et Louise s'impose. Mais s'arrête-là. Paolo Virzì crée avec Folles de joie une aventure bien à lui et sait surprendre jusqu'au bout, laissant l'émotion intacte du rire aux larmes. Avec une constante : son optimisme dans l'adversité et son amour pour l'être humain.



Folles de joie (La pazza gioia) de Paolo Virzì, sortie française mercredi 8 juin 2016. Avec  Valeria Bruni-Tedeschi, Micaela Ramazzotti, Bob Messini... Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, Cannes 2016.

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